Par Megan McAulay
Traduit par Gabriel Gauthier

Une petite Ceratina, ou abeille charpentière, sur l’origan. Photo par Shang-Yao Peter Lin.

Quels types d’abeilles vivent en milieu urbain? Que pouvons-nous faire pour assurer leur bien-être? Ce sont les questions qui nous ont poussés à faire des sondages hebdomadaires de pollinisateurs sur le campus de l’Université d’Ottawa. Cette initiative vise à mieux comprendre les assemblages de pollinisateurs sur le campus et à encourager la communauté universitaire à planter davantage d’espèces végétales favorables aux abeilles.

Nos bénévoles sont principalement des étudiants diplômés en écologie qui sont passionnés par les insectes et les fleurs. Au cours de l’été, nous organisons des promenades hebdomadaires dans plusieurs espaces verts du campus où nous notons les visiteurs de fleurs observés (abeilles, syrphes, etc.) et les plantes visitées. Nous plantons également des plantes vivaces indigènes telles que la sanguinaire, l’aster à feuilles cordées et la fraise des bois pour augmenter le nombre de plantes à fleurs qui aideront à soutenir les abeilles du voisinage pendant la saison complète.

L’été dernier (2017), nous avons observé plus de 500 visites de pollinisateurs visitant au total 46 espèces de plantes différentes au cours de nos marches sur le campus. Les espèces végétales les plus fréquemment visitées étaient l’anis hysope (98 visites), le millepertuis de Kalm (52), les susans aux yeux noirs (46), la fausse spirée (39), les verges d’or (34) et l’origan (33). En général, nous avons constaté que les pollinisateurs apprécient les plantes avec des fleurs abondantes, de longues périodes de floraison et des récompenses florales facilement accessibles (nectar et pollen).

Augochlora – un halicte – sur la verge d’or. Photo par Shang-Yao Peter Lin.

Nous avons également été impressionnés par la diversité d’abeilles retrouvée sur notre campus urbain! Au cours de l’été, des abeilles de cinq familles et de plus de dix genres différents ont été observées! À l’avenir, nous espérons continuer à étudier les pollinisateurs sur le campus et accroitre notre rayonnement auprès du public en organisant davantage d’activités de sensibilisation tels que des présentations sur la situation critique des pollinisateurs indigènes et sur ce que l’on peut faire pour les aider.


Figure : Le nombre de visites observées auprès des six espèces de plantes les plus visitées sur le campus de l’Université d’Ottawa (été 2017). La proportion de visites des cinq familles d’abeilles est illustrée pour chaque espèce de plante.


Megan est une récente diplômée de l’Université d’Ottawa dans le programme de maitrise en sciences, biologie. Elle a étudié comment le pollen provenant de différentes espèces de plantes affecte la survie des abeilles et le développement des larves d’abeilles. Le pollen est une source de nourriture importante pour la plupart des abeilles et différentes espèces de plantes produisent du pollen dont la qualité nutritionnelle est hautement variable. Par exemple, les pollens peuvent différer dans leur teneur en protéines, ils peuvent être dépourvus de certains nutriments essentiels, et ils peuvent aussi contenir des barrières digestives ainsi que des composés toxiques. Elle espère que sa recherche contribuera à l’élaboration de stratégies de gestion en conservation afin de mieux soutenir les populations d’abeilles indigènes.

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