par David Van Olst

Un bourdon recouvert de pollen. Photo par David Van Olst.

Nous avons tous entendu parler de cette fameuse espèce d’abeille. En fait, si vous demandez à un groupe d’enfants de dessiner une abeille, la plupart d’entre eux produiront instinctivement un bourdon grassouillet et bien poilu.

Il y a environ 40 espèces de bourdons au Canada, et quiconque passe du temps à l’extérieur, particulièrement près des jardins et prairies, en a déjà surement repéré une. Leur longue saison de vol de la fin de l’hiver à la fin de l’automne, leurs longues périodes de recherche de nourriture et leur grande taille en font d’eux des espèces d’abeilles faciles à repérer.

Au-delà d’être de bons compagnons dans nos jardins, les bourdons sont importants, et parfois même essentiels, étant donné leur rôle envers la pollinisation d’une grande variété de plantes et de cultures.

Cycle de vie

Les étapes du cycle de vie des bourdons au début du printemps et à l’automne sont à la fois sensibles et cruciales pour le succès de leurs colonies.

Les reines nouvellement fécondées sont les seuls membres de la colonie qui survivent à l’hibernation l’hiver. Par conséquent, l’existence d’une colonie, formée de quelques dizaines à des centaines d’abeilles, repose entièrement sur l’émergence d’une seule reine qui doit à la fois trouver les ressources florales nécessaires et un site de nidification au début du printemps. À cette période de l’année, il y a peu de fleurs qui fleurissent, et les changements au niveau du climat peuvent modifier les périodes de floraison, rendant les reines particulièrement vulnérables.

De même, à l’automne, les mâles (appelés faux-bourdons) et les nouvelles reines naissent et s’accouplent lorsque la floraison estivale est en grande partie terminée.

Accueillir les bourdons dans votre jardin

Un bourdon pollinisant un trèfle. Photo par Mireille Gauthier.

Les bourdons sont des généralistes en ce sens qu’ils peuvent se nourrir d’une variété de fleurs différentes. En plantant de nombreuses espèces de plantes à fleurs renommées pour les abeilles – en veillant à en inclure certaines qui fleurissent au printemps, en été et à l’automne – vous pouvez leur fournir de la nourriture tout au long de leur cycle de vie. Lors de la sélection des plantes, considérez celles qui ne contiennent pas de pesticides, et choisissez une variété de formes, de tailles et de couleurs qui sont reconnues pour attirer les espèces d’abeilles indigènes. Cliquez ici pour une liste de fleurs indigènes bien populaires auprès des abeilles, fournies par les Amis de la Terre Canada.

Les bourdons établissent souvent leurs nids sous terre, tel qu’à l’intérieur de tunnels de rongeurs abandonnés, mais ils peuvent aussi nicher au-dessus du sol lorsque la couverture de celle-ci est appropriée. Vous pouvez promouvoir la création d’habitats de nidification en évitant de trop manipuler votre jardin et en insérant des éléments tels que des tas de pierres, des bûches, des herbes grimpantes ou des nichoirs souterrains que vous pouvez créer par vous-mêmes.

Les nouvelles reines ne demeurent pas dans leur nid natal pendant l’hiver, mais hibernent plutôt dans des petites cavités légèrement sous la surface du sol, ou au-dessus du sol dans des zones plus sécuritaires. Les zones de sol nu bien drainé et les régions au-dessus du sol en présence de crevasses bien espacées font des sites d’hivernage appropriés.

Il existe plusieurs autres pratiques que vous pouvez adopter dans votre jardin afin de favoriser le bien-être des bourdons. Ils comprennent :

  • éviter l’irrigation par aspersion afin de ne pas interférer avec le butinage des bourdons (ils peuvent croire que la pluie est imminente et iront alors se cacher)
  • limiter l’utilisation du paillis et des tissus de protection contre les mauvaises herbes, car ils peuvent empêcher l’accès à des sites de nidification et d’hivernage convenables
  • tondre sa pelouse avec un réglage de lame plus élevé afin d’éviter de couper des fleurs indigènes plus petites (c.-à-d., violettes et trèfles)

Plus d’information sur les bourdons (en anglais seulement)

Ghost in the making – une vidéo que Dave a présentée lors d’un atelier sur les bourdons au jardin écologique Fletcher en 2016.

The plight of the bumble bee – vidéo filmée par John Davidson au jardin écologique Fletcher lors de l’été 2016.


Dave Van Olst poursuit actuellement des études supérieures en développement durable à l’Université d’Ottawa. Il s’est intéressé aux bourdons lorsqu’il travaillait comme stagiaire auprès des Amis de la Terre à Ottawa.

Traduction par Gabriel Gauthier

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